Journée mondiale de lutte contre la tuberculose : zoom sur la Fondation BELTA
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, Vivalis met en lumière le rôle de la Fondation BELTA dans la lutte contre cette maladie. Ensemble, BELTA et Vivalis contribuent à renforcer la prévention, le dépistage, la coordination et la prise en charge des cas de tuberculose. Décryptage avec l’équipe de BELTA : Lilas Weber, le Dr. Wouter Arrazola de Oñate et le Dr Vinciane Sizaire.
Belgian Lung and Tuberculosis Association (BELTA) est issue de l'Œuvre nationale de lutte contre la tuberculose et chapeaute, depuis la communautarisation des années 1980, deux organisations sœurs : le Fonds des Affections Respiratoires (FARES) et Respiratoire Gezondheid (anciennement VRGT).
À Bruxelles, subventionnée par Vivalis, BELTA joue un rôle central dans la mise en œuvre du programme de lutte contre la tuberculose, en étroite collaboration avec le service de médecine préventive de Vivalis. Les équipes partagent notamment un centre de prévention situé sur le site du CHU Saint-Pierre où sont organisés le dépistage, la mise au point, l’accompagnement médico-social des patients pendant le traitement ainsi que les enquêtes de contacts.
Surveillance, dépistage et accompagnement des patients
La surveillance épidémiologique constitue un pilier essentiel de la lutte contre la maladie. La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire. BELTA recueille les déclarations et les informations complémentaires relatives à tous les cas bruxellois.
Ces données permettent ensuite d’orienter les politiques de santé. « Elles sont analysées annuellement pour alimenter le Registre belge de la tuberculose et permettent d’identifier les groupes à risque, de suivre les tendances et d’adapter les stratégies de prévention », explique l'équipe de BELTA. L’organisation collabore également avec European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS Europe).
Le dépistage ciblé représente un autre levier majeur. BELTA coordonne le dépistage dans les groupes à risque, notamment les personnes détenues et les demandeurs de protection internationale. En cas de besoin, une unité mobile de radiographie peut être mobilisée pour réaliser des dépistages sur site ou en rue. Un budget spécifique a été alloué pour 2025 et 2026, et il est essentiel d’en assurer la pérennité.
Chaque patient reçoit un suivi personnalisé, bénéficiant de l'accompagnement d'une infirmière spécialisée en tuberculose (case manager). Celle-ci assure le suivi médical, identifie les problèmes administratifs ou sociaux et mobilise les ressources nécessaires afin que le traitement devienne prioritaire pour le patient et puisse être mené à son terme.
Dans les situations particulièrement complexes, BELTA sollicite le service de médecine préventive de Vivalis, en étroite collaboration avec le secteur associatif et médico-social bruxellois.
Une situation épidémiologique à surveiller
Ces dernières années, l’évolution de la tuberculose appelle à la vigilance. « La tuberculose ne diminue plus à Bruxelles depuis cinq ans », observent les interlocuteurs de BELTA.
Si les niveaux restent inférieurs à ceux observés avant la pandémie, la tendance est à la stagnation. En 2024, l’incidence atteint 22,4 cas pour 100 000 habitants à Bruxelles, contre 6,6 en Flandre et 6,0 en Wallonie. L’incidence bruxelloise demeure ainsi plus de trois fois supérieure à celle des autres régions. L’incidence d'une maladie correspond au nombre de nouveaux cas observés sur une période donnée au sein d’une population déterminée.
La cellule de médecine préventive de Vivalis observe une possible augmentation des contaminations par la tuberculose entre 2025 et 2026. Néanmoins, en l’absence de financements dédiés, les capacités de dépistage restent limitées.
Des défis importants à Bruxelles
Malgré les efforts déployés, plusieurs défis persistent tels que le sans-abrisme, le sous-financement des activités de prévention et celui des partenaires de terrain indispensables à une prise en charge holistique.
S’y ajoutent également les problématiques d’assuétudes et de santé mentale, le manque de coordination entre niveaux de pouvoir et secteurs politiques, ainsi que l’absence d’un plan régional ou national structuré de lutte contre la tuberculose.
Une lutte qui bénéficie à toute la société
Pour BELTA, la lutte contre la tuberculose constitue un investissement durable pour la société. « Investir dans la prévention et dans les personnes renforce le capital social et la productivité économique », conclut l'équipe.
Vivalis remercie BELTA pour son engagement en faveur de la santé publique à Bruxelles.
Vous souhaitez en savoir plus sur les deux associations sœur de BELTA ? Consultez leur site :