Focus Bruxellois - Mai 2026
Bruxelles en bref - Le Mpox à Bruxelles
Comme illustré dans notre treemap de ce mois, le Mpox circule très activement à Bruxelles avec une augmentation significative des cas depuis début janvier. Une infection virale émergente qui mérite que l'on s'attarde dessus ce mois-ci :
Le Mpox est causé par un orthopoxvirus. La transmission s'effectue principalement par contact cutané direct prolongé avec les lésions, très fréquemment lors de rapports sexuels. Cliniquement, l'infection se manifeste par une phase prodromique (fièvre, céphalées, adénopathies), suivie d'une éruption vésiculeuse évoluant en pustules puis en croûtes. Les lésions peuvent notamment être localisées dans la région génitale ou anale. L'évolution est généralement favorable en 2 à 4 semaines, mais des formes sévères surviennent chez les personnes immunodéprimées. Le traitement est essentiellement symptomatique.
La prise en charge repose sur des mesures d'isolement strict : éviter les contacts rapprochés (notamment sexuels), couvrir les lésions et ne pas partager le linge ou les objets personnels. L’isolement strict peut être levé en l’absence de fièvre et de symptômes généraux depuis au moins 3 jours, après guérison des lésions non couvertes, en l’absence de lésions oro-nasales, et si les lésions restantes peuvent être couvertes (ou en cas de proctite isolée).
Le traçage des partenaires et des cas contacts est essentiel afin de proposer une surveillance précoce et une vaccination post-exposition (idéalement dans les 4 à 14 jours), contribuant à limiter la transmission.
Face à une épidémie évolutive, il est important de sensibiliser le public cible à la maladie et d'inviter à consulter rapidement en cas de lésions suspectes.
Infections invasives à méningocoque
Vous l'avez peut-être lu dans le Flash Maladies Infectieuses de ce mois : plusieurs cas d'infection invasive à méningocoque liés à une même souche de méningocoque C circule actuellement en Belgique, autour de Bruxelles. Une maladie qu'on ne croise pas si souvent mais aux conséquences parfois dramatiques…
Le méningocoque est une bactérie responsable d'infections invasives graves. Elle se transmet par voie respiratoire lors de contacts proches. Cliniquement, l'infection invasive à méningocoque se manifeste souvent par une méningite (fièvre, céphalées intenses, raideur de nuque) ou un purpura fulminans avec état de choc. L'évolution peut être foudroyante. En effet, on recense plus d'un quart de décès dans l'ensemble des cas identifiés d'infections à méningocoques ayant touché la région bruxelloise depuis 2025 à aujourd'hui. Le traitement repose sur une antibiothérapie intraveineuse urgente dès la suspicion.
Les infections invasives à méningocoque sont des maladies à déclaration obligatoire dès suspicion. Cette notification permet d'identifier les contacts à haut risque et de mettre en place une antibioprophylaxie rapide. De plus, une fois le sérogroupe identifié, la vaccination des contacts proches est recommandée pour les types A, C, W et Y.
Mais la vraie protection repose sur la vaccination systématique. La primovaccination comprend une dose à 15 mois, gratuite et intégrée au calendrier vaccinal. Mais l'immunité décroît avec le temps, et les adolescents représentent un réservoir important de portage. Un rappel à l'adolescence est donc fortement recommandé, même s'il n'est que partiellement remboursé via la mutuelle. Ce rappel coïncide avec une période à risque : vie en collectivité, contacts multiples. En pratique, le statut vaccinal doit être vérifié activement : nourrissons à 15 mois, adolescents, contacts de cas, voyageurs. Face à une maladie dont la gravité justifie une vigilance constante, maintenir un schéma vaccinal complet — dose à 15 mois et rappel à l'adolescence — reste notre meilleure arme.
Plus d'informations sur Les méningites et septicémies à méningocoques | vaccination-info