- 13 Octobre 2026

Focus Bruxellois - Octobre 2026

Bruxelles en bref

Le mois de septembre est de nouveau marqué par une hausse significative des déclarations de STEC. Ce constat doit toutefois être nuancé : aucune hospitalisation ni aucun cas de SHU n'a été signalé parmi ces patients. Cette augmentation reflète davantage l'amélioration de la sensibilité des tests de détection par PCR.

Par ailleurs, comme chaque année, la période des retours de vacances s'accompagne d'infections souvent liées aux conditions sanitaires du pays de destination : hépatite A, shigellose, légionellose et fièvre typhoïde.

À signaler également : l'émergence du virus du Nil occidental, avec les deux premiers cas rapportés en région bruxelloise. Pour rappel, la période d'activité du moustique commun, vecteur de la maladie, devrait se terminer fin octobre. La vigilance reste donc de mise, en particulier pour les personnes âgées et/ou fragiles : utiliser des moustiquaires, fermer les fenêtres la nuit, appliquer un répulsif et porter des vêtements longs lors des sorties après le coucher du soleil.

Shigellose : la médaille d'argent du mois

Ce mois-ci, la shigellose décroche la deuxième place du podium des déclarations, juste derrière les STEC, avec 11 cas notifiés (4 confirmés, 7 probables). Une infection intestinale aiguë qui mérite qu’on s’y attarde, car son profil a bien évolué ces dernières années.

Très contagieuse, elle survient après 1 à 7 jours d’incubation, avec notamment fièvre, douleurs abdominales et diarrhée, parfois sanglante. Classiquement associée aux voyages, la shigellose reste liée à un séjour à l’étranger dans près de la moitié des cas européens documentés. À Bruxelles, en septembre 2026, au moins 7 cas étaient liés à un retour de vacances à l’étranger.

Mais Shigella s’est aussi fait une place parmi les infections sexuellement transmissibles. Chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les cas augmentent, et l’ECDC alertait en mai 2026 sur la diffusion en Europe de souches multirésistantes, voire ultrarésistantes. Face à une diarrhée aiguë chez un patient HSH, penser à la shigellose et dépister les autres IST est donc essentiel.

Côté laboratoire, les panels PCR multiplex ont changé la donne : plus sensibles que la coproculture, ils détectent davantage d’infections. La coproculture reste toutefois indispensable pour confirmer le diagnostic et réaliser l’antibiogramme.

Dans la majorité des cas, réhydratation et patience suffisent : l’évolution est généralement favorable en une semaine. Les antibiotiques sont réservés aux formes sévères ou aux situations à risque de transmission. Et faute de vaccin, la prévention repose sur deux piliers : une bonne hygiène et l’absence de rapports sexuels jusqu’à deux semaines après la fin des symptômes.

Sciensa symptno – Shigellose

ECDC – Factsheet about shigellosis : 

ECDC – Epidemiological update: Spread of multidrug-resistant and extensively-drug resistant Shigella in Europe (mai 2026)

20250822_ MesuresHygiene.pdf