Existe-t-il un lien entre la vaccination contre le Covid-19 et le cancer ?

Sur cette page:

  • D’où vient cette information ?
  • Comment interpréter ces informations ?
  • Davantage de cancers chez les jeunes
  • Le vaccin à ARN messager ne peut pas endommager l'ADN
  • Le coronavirus peut-il lui-même provoquer un cancer ?
  • Conclusion

Des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux selon lesquelles la vaccination contre le coronavirus a entraîné une augmentation du nombre de cancers, des cancers plus agressifs et des cancers à un plus jeune âge. Il n'y a aucune raison de penser que les vaccins contre le coronavirus augmentent le risque de cancer ou accélèrent la croissance de cancers existants. 

D’où vient cette information ? 

La pandémie de coronavirus a été source de beaucoup d'angoisse et d'incertitude. Pas seulement autour du virus, mais aussi autour du vaccin. Cela a entraîné beaucoup de désinformation. 

Le vaccin contre le coronavirus est le premier vaccin à ARN messager mis au point. Plusieurs milliards de personnes ont été vaccinées dans le monde entier. Depuis le début de la vaccination, en 2022, des histoires circulent, suggérant un lien entre le vaccin et le cancer. 

Une nouvelle étude sud-coréenne, publiée en septembre 2025, suscite à nouveau l'inquiétude (1). Les chercheurs ont examiné les données de 8,5 millions de Coréens sur la période 2021-2023 et ont réparti ces personnes en deux groupes : les vaccinés contre le coronavirus et les non vaccinés. Qu'ont-ils constaté ? 

Au bout d'un an, six types de cancers étaient plus fréquents dans le groupe vacciné : cancer de la thyroïde, de l'estomac, de l'intestin, du poumon, du sein et de la prostate.

Le risque de développer ces cancers semblait légèrement plus élevé dans le groupe plus jeune (moins de 65 ans) (1). 

Les opposants à la vaccination se sont empressés de partager les conclusions sur divers réseaux sociaux. 

Comment interpréter ces informations ? 

L'étude sud-coréenne n'est pas pertinente pour plusieurs raisons. 

Il est impossible de constater une différence dans l'incidence du cancer en une seule année. Une tumeur cancéreuse met des années à se développer. L'augmentation du nombre de cancers après les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki le prouve. C’est après au moins deux ans que les premiers cancers du sang (leucémies) sont apparus chez les survivants. D'autres cancers sont apparus après en moyenne 10 ans. Les rayonnements radioactifs étaient hautement cancérigènes. 

Les six cancers mentionnés dans l'étude sud-coréenne sont des cancers pour lesquels des programmes de dépistage précoce sont organisés en Corée du Sud. Outre les programmes de dépistage du cancer de la prostate, du côlon, du sein et du poumon, le dépistage du cancer de l'estomac et de la thyroïde y est aussi organisé. Le cancer de l'estomac et le cancer de la thyroïde sont fréquents au Japon et en Corée. 

Les personnes qui participent à ces dépistages sont souvent des personnes qui se font également vacciner. Il s'agit d'un phénomène bien connu. 

Davantage de cancers chez les jeunes 

Des études ont depuis longtemps fait état d'une augmentation des cancers chez les jeunes adultes. Une étude réalisée en 2023 mentionne une augmentation mondiale depuis les années 1990, soit bien avant la pandémie de coronavirus (3). 

La cause de cette augmentation n'est pas claire. Cela est probablement lié à plusieurs facteurs, notamment des facteurs liés au mode de vie, tels que l'obésité, et des facteurs environnementaux, tels que la pollution. 

Le vaccin à ARN messager ne peut pas endommager l'ADN 

Il n'y a aucune explication concevable sur la façon dont le vaccin à ARN messager pourrait causer le cancer. Une tumeur cancéreuse commence toujours par une détérioration de l'ADN dans le noyau cellulaire.L'ARN messager synthétique du vaccin ne peut pas pénétrer dans le noyau cellulaire et n'entre donc pas en contact avec l'ADN humain. En outre, il est tellement différent de l'ADN humain qu'il ne pourrait jamais modifier ou endommager notre ADN. Le matériau contenu dans le vaccin ne peut tout simplement pas l'atteindre (4). 

Le coronavirus peut-il lui-même provoquer un cancer ? 

Certains virus peuvent provoquer des cancers. Par exemple, le papillomavirus humain (HPV) est la principale cause du cancer du col de l'utérus et le virus de l'hépatite B peut provoquer un cancer du foie. La vaccination des jeunes filles contre le HPV a permis de réduire l'incidence du cancer du col de l'utérus. 

Il n'est pas encore clair si, à terme, une infection par le coronavirus et le fait de contracter ce virus peuvent provoquer un cancer (5). 

Conclusion 

Il n'y a aucune raison de penser que les vaccins contre le coronavirus augmentent le risque de cancer ou accélèrent la croissance de cancers existants. L'étude qui le suggère a constaté un plus grand nombre de cancers chez les personnes vaccinées, mais aucun lien de cause à effet n'a été établi. Il pourrait donc y avoir une autre explication. En fait, l’étude ne porte que sur des cancers pour lesquels il existe des programmes de dépistage en Corée du Sud. Les personnes qui participent à ces dépistages sont également plus enclines à se faire vacciner. 

Références

(1) Kim H, Kim MH, Choi M et al. 1-year risks of cancers associated with COVID-19 vaccination: a large population-based cohort study in South Korea. Biomark Res. 2025;13: 114.

(2) Gorski D. Here we go again: Another study is being misrepresented as evidence that COVID vaccines cause cancer. Science-Based Medicine. 29 september 2025. 

(3) Zhao J, Xu L, Sun J et al. Global trends in incidence, death, burden and risk factors of early-onset cancer from 1990 to 2019. BMJ Oncology. 2023;2:e000049. 

(4) Petousis-Harris H. How mRNA vaccines are made and why they are very safe.